FPCR : Investir dans des entreprises non cotées

Vous souhaitez diversifier votre portefeuille en insérant une part de risque tout en investissant dans l’économie réelle ? Que vous soyez ancien dirigeant d'entreprise en quête d’un emploi éligible pour votre apport cession ou un investisseur souhaitant prendre part aux développements d’entreprises prometteuses, les FCPR (fonds commun de placement à risque) sont des candidats idéaux pour ajouter un peu de piment à votre patrimoine. Comment fonctionnent les FCPR ? De quels actifs sont constitués ces fonds ? Comment investir dans un FCPR ? Le couple risque rentabilité est-il intéressant ? Nous allons répondre à toutes vos interrogations !

Sommaire

Qu’est-ce qu’un FCPR ?

Le FCPR est une catégorie de fonds de commun de placement (FCP) dont le fonctionnement diffère en raison principalement de la nature de son sous-jacent.

FCPR : définition

Le fonds commun de placement à risque (FCPR) est un véhicule de placement permettant de réunir des capitaux pour investir dans une large gamme d’entreprises non cotées. Géré par une société de gestion spécialisée dans le Private Equity, le FCPR vous permet d’investir dans l’économie réelle et principalement dans des sociétés innovantes tout en assurant une diversification supérieure à un investissement en nom propre et en bénéficiant de l’expertise de la société de gestion sur ce type d’investissement. C'est un outil de gestion de patrimoine qui peut être très intéressant pour un investisseur averti !

De par son capital important, le FCPR va pouvoir prendre des participations dans de nombreuses entreprises afin de diluer le risque, les gains des uns permettant alors de compenser les pertes des autres. Mais, ne vous y trompez pas, sur l’échelle du risque les parts de FCPR sont considérées comme très risquées (moins que les crypto, mais plus risqué que d’investir en bourse).

Comment fonctionne un FCPR ?

Comme pour les autres FCP (fonds commun de placement), lorsque vous souscrivez des parts de FCPR, vous n’achetez pas directement les sociétés détenues par le fonds : vous êtes seulement propriétaire d’une partie du fonds. En effet, le FCPR va gérer un portefeuille d'actifs (en l'occurrence composé à minimum 50 % de titres non cotés) qui eux-mêmes, en fonction de leur valorisation, vont définir la valeur des parts du FCPR.

Votre rémunération proviendra alors de différentes sources :

  • les éventuels bénéfices distribués par le fonds
  • de la plus-value sur la revente des parts du fonds en cours de vie (pas forcement facile dans la pratique)
  • boni de liquidation au moment de la dissolution du FCPR (le cas le plus courant)

En raison de la nature de l’investissement et de la faible liquidité du sous-jacent, un FCPR a une durée de vie limitée dans le temps (une dizaine d’années). Elle se décompose en 4 grandes étapes :

  1. Phase de souscription et d’apport de capitaux : le fonds se constitue en ouvrant son capital à des investisseurs institutionnels et aux particuliers
  2. Phase d’investissement : la société de gestion responsable du FCPR recherche des entreprises éligibles dans lesquelles investir
  3. Phase de pré liquidation : la société de gestion cherche à céder les participations (éventuellement à d’autres FCPR) pour réaliser l'actif du fonds. C’est principalement à cette occasion que le FCPR est en mesure de savoir si ses investissements ont été fructueux sur le plan financier
  4. Phase de dissolution/liquidation : l’actif réalisé est distribué aux investisseurs. Si l’actif distribué est supérieur à l'investissement initial, ces derniers réaliseront une plus-value.

Ainsi, le FCPR peut être une excellente solution pour placer 300 000 euros.

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De quels actifs est constitué un FCPR ?

Sauf rares exceptions, un FCPR est à minima constitué de 50 % de titres d’entreprises non cotées dont l’investissement prendra souvent la forme d’un capital risque, capital développement ou capital retournement. Les 50 % restants peuvent être investis librement, notamment pour diluer le risque.

Les règles applicables à l’actif d’un FCPR

Comme tout fonds commun de placement, le FCPR est soumis à une réglementation spécifique concernant les actifs financiers dans lesquels il peut investir (dans le cas contraire, il ne pourrait se prévaloir de cette dénomination).

Ainsi, l’actif d’un FCPR doit être constitué de 50 % minimum de valeurs mobilières (actions, parts sociales…) non cotées. Il est néanmoins admis sous certaines conditions que **20 % de l’actif puisse être composé de titres de sociétés cotées **de petite capitalisation ou “small cap”. Les small cap sont des sociétés dont la capitalisation boursière est inférieure à 150 millions d’euros. Dans ce cas figure, seul 30 % de l’actif pourra être composé de sociétés non cotées.

Le reste de l’actif (les 50 % restant) peut être constitué d’avance en compte courant (maximum 15 %) et de tout autre type d’actifs financiers afin de diluer le niveau de risque du fonds.

Quota de 50 % : les principales formes de capital investissement pratiquées par les FCPR

Le monde du capital investissement s’intéresse à chaque étape de croissance de l’entreprise, de la jeune pousse start-up à la PME ayant des velléités à l'international. Selon l’étape dans laquelle se trouve l’entreprise financée, le FCPR fait un pari plus ou moins risqué. Ainsi, il est possible distinguer plusieurs formes de capital investissement en fonction de l’étape dans laquelle se situe l’entreprise financée :

  • le capital-risque ayant pour but de financer les nouvelles entreprises (start-up) où le business model et le produit sont encore en phase de test. Forcément ce type d’investissement implique un risque important puisqu’il est admis que 9 start-up sur 10 font faillite, mais vu la faible valorisation des parts lors de la prise de participation, celle qui réussit peut multiplier la mise de départ du FCPR et rembourser les autres investissements infructueux.
  • le capital développement ayant pour objet de financer la croissance et le développement de l’entreprise. Dans ce cas de figure, l’entreprise financée a approuvé son business model et son produit, mais elle recherche des capitaux pour doper son implémentation sur le marché
  • le capital retournement (recovery) qui consiste à redresser une entreprise en difficulté. Que ce soit pour un "rachat à la barre” (entreprise en redressement ou en liquidation judiciaire) ou avant l’étape fatidique de la procédure collective, ce type d’investissement présente un risque important, mais l’entreprise ayant déjà un vécu, il sera théoriquement plus facile en amont d’envisager le potentiel de redressement.

Bien entendu, d’autres types d’investissements sont éligibles au FCPR à condition que l’entreprise ne soit pas cotée en bourse (ou exception des small cap).

Investir dans un FCPR : un placement risqué ?

Comme nous l’avons vu dans notre guide sur “où placer son argent en 2021”, la rentabilité s’apprécie toujours au regard du risque. Ainsi, le potentiel d’un FCPR est énorme puisqu’il n’est pas rare de doubler sa mise de départ en 10 ans. La contre-partie est un risque de perte important et d’une absence de liquidité sur les parts.

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💡 L’avis de Finary

Sauf dans le cas d’un apport cession, l’investissement dans un FCPR est la cerise sur le gâteau de votre portefeuille financier qu’il conviendra de diluer avec des placements financiers sans risque. Aussi, n’oubliez jamais de vous constituer une épargne de précaution, surtout quand vous investissez dans placements illiquides comme les parts de FCPR.

Quelle est la rentabilité d’un FCPR ?

La rentabilité effective d’un FCPR est difficile à connaitre puisque son actif est essentiellement composé de sociétés dont les titres ne font pas l’objet d’une cotation. De plus, les entreprises en plein développement investissent l’essentiel de leur bénéfice (s’il y en a), de sorte qu’il est difficile d’apprécier la valeur des titres détenus avec des indicateurs financiers tels que le PER (price earning ratio). De facto, il est difficile d’apprécier la valeur liquidative d’un FCPR avant sa dissolution.

Néanmoins, la vie du fonds est marquée de plusieurs évènements sur les sociétés détenues tels que de nouvelles levées de fonds avec une nouvelle valeur de souscription, servant de base de référence pour une éventuelle cession. Il est donc possible de valoriser la valeur liquidative en cours de vie d’un FCPR sur cette base.

La variance de rentabilité d’un FCPR lors de sa liquidation est importante. Certains réalisent une rentabilité brute de 100 % sur 10 ans, d’autres des pertes en capital pouvant avoisiner les 50 %. Quand on sait qu’il est rare d'essuyer des pertes avec un investissement en bourse suffisamment diversifié sur un horizon long, les FCPR peuvent perdre en attrait pour ceux qui chercheraient exclusivement de la performance avec une faible prime de risque.

Un risque de perte en capital non nul

Le risque de perte en capital est inhérent au FCPR. Les entreprises sous-jacentes sont souvent des petites structures qui n’ont pas encore fait leurs preuves, le corollaire d’un potentiel de rentabilité élevé. Globalement, il y a un risque de marché important sur ce type d’actif puisqu’au moment de la pré liquidation du fonds, il faudra trouver des acheteurs pour chaque entreprise détenue.

Si certaines sociétés sont particulièrement en vogue et attractives, d’autres ne se vendront pas faisant perdre au fonds la totalité de son investissement initial. L'objectif est donc que certaines licornes du portefeuille arrivent à compenser ces pertes.

💡 L’avis de Finary

Pour analyser la viabilité d’un FCPR, ne vous contentez pas de la documentation commerciale du fonds, lisez le DICI (document d’information clé pour l’investisseur). Regardez en détail la composition de l’actif et surtout, les frais prélevés par le fonds puisque ces derniers seront plus élevés que les OPCVM traditionnels investissant dans des actions cotées. Ces frais feront le bonheur de votre conseiller en gestion de patrimoine et viendront largement impacter votre performance !

La faible liquidité des parts de FCPR

Sortir d’un FCPR avant son terme n’est pas une mince affaire. En effet, la réglementation prévoit que les détenteurs de parts de FCPR ne peuvent pas demander leur rachat par le fonds avant l’écoulement d’une période (de 10 ans généralement). Autrement dit, le FCPR ne peut pas fournir une liquidité immédiate.

Ceci étant, il est possible de trouver un acheteur en gré-à-gré susceptible de vous racheter vos parts pendant la vie du fonds. Attention néanmoins, comme nous allons le voir, céder vos parts avant 5 ans vous fait perdre l'exonération d’impôt sur le revenu.

Quelle est la fiscalité du fonds commun de placement à risque ?

Afin de compenser la prise de risque des investisseurs et améliorer l’attractivité de fonds essentiels au développement économique du pays, la fiscalité des FCPR est particulièrement favorable pour l’investisseur. En effet, à partir de la 5e année, les plus-values réalisées lors de la revente des parts de FCPR et dividendes distribués par ce dernier sont exonérés d’impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux à hauteur de 17,2 % sont dus.

La fiscalité des FCPR s’assimile à la fiscalité du PEA. Il est donc inutile de loger vos parts de FCPR dans PEA, qui a un plafond de versement limité (de même pour l’assurance vie qui propose un régime fiscal moins avantageux). Privilégiez la souscription (ou l’achat) de parts en nom propre, via une holding dans le cadre d’un apport cession) ou par l’intermédiaire d’un compte titre.

💡 L’avis de Finary

Les FCPR œuvrent pour l’économie réelle en apportant des fonds à des entreprises en quête de capitaux. Si investir dans un FCPR constitue un pari risqué, la rentabilité peut être au rendez-vous dans des conditions fiscales avantageuses. Avoir 5 % de son patrimoine financier dans un FCPR vous permettra d’ajouter une belle dose de performance potentielle à votre portefeuille !

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