Les activités essentielles

Lorsque tout fout le camp, on se recentre sur les basiques : les entreprises qui vendent des biens et services essentiels. Même lorsque la panique liée au COVID était à son paroxysme, il fallait bien continuer à se nourrir, soigner un rhum ou aller sur youtube regarder des vidéos de fitness. Les entreprises comme Iliad (la maison mère de Free), Casino Guichard ou Sanofi ont finalement été peu impacté. Au contraire, la peur de la pénurie aura permis aux supermarchés de battre leurs records de chiffre d’affaires. En bourse, ces valeurs sont appelées les “défensives” car elles sont assez peu corrélées aux marchés financiers. Leur beta (corrélation) se situe entre 0 et 1.

Le (très élégant) siège parisien de Sanofi

Côté start-up, plusieurs start-ups sur ces secteurs ont réussi à tirer leur épingle du jeu : nos copains de Labellevie ont battu tous les records en volume de ventes et viennent juste de finaliser une nouvelle levée de fonds. Un autre grand gagnant a été Doctolib, la plateforme incontournable pour réserver un médecin. Grâce à leur investissement massif dans la téléconsultation (lancée début 2019, la scale-up a vu le volume de téléconsultations multiplié par 1.000 pour atteindre un pic supérieur à 100.000 consultations mi-mars.

Enfin, côté valeurs alternatives, Bitcoin a également prouvé sa résistance. Après avoir frôlé les 3500$ en début d'année, le roi des crypto monnaies est en passe de dépasser son plus haut historique. Investir en bitcoin en 2020, ce n'est finalement peut-être pas une si mauvaise idée....

L’avènement du remote

“Il y a des décennies où rien ne se passe et des semaines où des décennies se produisent”. L’auteur (présumé) de ces belles paroles, Lénin, résume parfaitement ce qui s’est passé sur le télétravail. Assez courant au sein de l’écosystème start-ups (notamment grâce au superbe livre éponyme de Jason Fried ou au travail titanesque de la société full remote Gitlab), le remote restait une anomalie pour beaucoup de grands groupes. Ces derniers ont pourtant dû s’adapter du jour au lendemain pour répondre aux confinements obligatoires.

Du Wifi, un ordinateur et c'est parti.

Résultat: une pluie de dollars s’est abattue sur les facilitateurs de ce mode de travail. Les fournisseurs de solutions collaboratives (Microsoft avec Team, Slack), stockage cloud (Dropbox, Box), la signature électronique (DocuSign) ou de visioconférence (Zoom) ont explosé tous les records de nouveaux clients. A son pic, Zoom affichait 300 millions de participants à des réunions par jour et est en passe de devenir un nom commun au même titre qu’Uber. Le NASDAQ, la bourse des valeurs technologiques américaines, a logiquement effacé les pertes suite au crash du COVID pour atteindre un nouveau record de 10.000 points. Software is eating the post-Covid world.

Le Nasdaq (en bleu) a largement surperformé le S&P (en rouge) en 2020

Le remote est une tendance de fond et non une mode passagère. Il va profondément changer la façon dont nous travaillons, et ce sont les start-ups qui vont mener la charge.

Quelques startup qui vont (peut-être) révolutionner la façon dont nous travaillerons:

  • Run The World : organisation d'événements virtuels qui remplaceront les salons et autres usines à perte de temps.
  • Figma : outil de design collaboratif qui renvoie Adobe au placard.
  • Remote : permet d’embaucher des collaborateurs en remote partout dans le monde sans devoir créer une structure ou essayer de comprendre le code du travail local.

Si ce sujet vous intéresse, cette belle infographie vous donnera beaucoup d’infos.

La chute libre

Le confinement aura obligé 2.9B de personnes à rester chez eux, soit ⅓ de la population mondiale. Les secteurs les plus affectés par ces mesures hors normes ont été le tourisme, la mobilité, le retail physique et paradoxalement les énergies fossiles, habituellement des valeurs défensives.

Les aéroports ont été déserté en 2020

Une des victimes les plus visibles dans le secteur du tourisme est Airbnb qui a vu son volume d’affaires baisser de plus de 80% du jour au lendemain, avec en parallèle des demandes massives de remboursement. Airbnb a décidé de rembourser tous les clients dans l’impossibilité de voyager tout en soutenant les Superhosts. Afin de couvrir son flux de trésorerie largement négatif, la société a dû se refinancer à des termes très défavorables auprès de fonds de private equity et licencier 25% de ses effectifs. Paradoxalement, les volumes de réservations de début juin sont supérieurs à ceux de juin 2019, mais principalement pour les voyages dans un rayon de 300 kilomètres.

Les autres grands perdants, ce sont les compagnies aériennes. Avec un trafic aérien mondial littéralement à l’arrêt, ces dernières ont dû suspendre leurs vols et rembourser massivement leurs clients. Pour les clients, se faire rembourser est devenu un parcours du combattant. Disposant de frais fixes énormes, les pertes subies ont été colossales. Notre Air France-KLM national a par exemple perdu 1.8B€ au premier trimestre 2020. La compagnie doit par ailleurs encore rembourser 2B€ de billets, soit quasiment l'entièreté de sa capitalisation boursière. La bonne nouvelle pour AF, c’est que la compagnie dispose de deux actionnaires très généreux (ou incompétents, je vous laisserai en juger), en l'occurrence la France et les Pays-Bas. Ces derniers ont gentiment prêtés 10B€ à AF en échange d’engagements très légers. La prochaine fois que vous êtes en difficultés financières, pensez à écrire au Trésor Public, on ne sait jamais.

2400 vols séparent l’image de gauche de celle de droite‌‌

Heureusement que quelques startup repensent la façon de voyager. La plateforme française de réservation de billets d’avions Ulysse mise tout sur l’expérience et le service client pour rendre les voyages en avion un peu moins pénibles. Autre

En bref

Le COVID aura mis à genou les entreprises déjà affaiblies et obligé d’autres à alléger leurs structures de coûts. Les vrais gagnants de cette crise, ce sont les entreprises technologiques.

Comment en profiter ?

Si vous souhaitez profiter de cette tendance de fond, vous pouvez acheter un ETF répliquant le Nasdaq. Le plus connu est certainement QQQ d’Invesco qui n’est cependant pas compatible avec un PEA. Une alternative est le fonds PEA Nasdaq un ETF Lyxor, encore très petit en terme d’actifs sous gestion. Si vous ne connaissez pas bien le sujet, nous vous invitons à lire notre guide pour investir dans des ETF.

Enfin, vous pouvez aussi acheter des valeurs individuelles telles que Alphabet (Google), Microsoft ou Slack. Il y a cependant de grandes chances que vous ne battrez pas le marché. Nous vous conseillons fortement de vous documenter sur la psychologie de l'investisseur avant de vous  vous lancer dans l'aventure,

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